16 septembre 2011

la faiblesse est une force

Tout d'abord, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Marabout pour ce partenariat. J'avais énormément entendu parler de ce livre en cours, et pouvoir enfin le lire a été une grande découverte.


Le récit en soi n'a peut-être rien de passionant : un homme qui a un discours philosophique avec Socrate. Oui mais voilà. Lorsque l'on sait que cet homme est un handicapé et qu'il parle de la définition de la normalité, et de ses 17 ans de vie dans une institution en Suisse, il y a quand même une grande différence avec un discours normal. Une écriture simple permet de toucher beaucoup de sujet, même s'il est parfois difficile de rester crocher.
Ce livre m'a touché à plusieurs niveaux. Tout d'abord, au niveau du personnage. Alexandre Jollien dévoile ses pensées, ses ressentis sans jamais tombé dans la niaiserie. Une personne avec un courage et une force qui se ressent à travers son parcours : apprendre à marcher, à parler, des choses qui à nous nous semble acquise et qui, pourtant, ne sont pas accessibles à tout le monde. Encore plus lorsqu'il s'agit d'apprendre à l'école. Ce qui nous ai donné comme base ne l'est pas forcément pour tout le monde.
Ensuite au niveau de la desciption des éducateurs. Voulant devenir éducatrice sociale moi-même (pas forcément dans un centre pour handicapé, mais ce n'est pas la question), ses réflexions sur le métier m'a interpellée. Il est vrai que la formation t'apprend certaines théories, et que dans la pratique, tu ne peux pas forcément t'y fier. Je suis en train de le vivre moi-même pendant mon stage. Il faut se fier au trippe, ce que j'ai de la peine à faire, et ne pas se fier aux livres, qui sont plus des aides que les véritables outils. Il utilise des phrases qui me parlent, que je tente de comprendre et qui soudain m'éclaire : " La vie - quand je dis la vie, je parle d'expérience concrète - nous donne les armes pour trouver les solutions, solutions qui surgissent peu à peu au fil d'un dialogue : avec des amis, des proches, mais surtout avec soi-même" (p.62). Il faut se connaitre pour pouvoir faire ce métier. Est-ce que je me connais? Pas encore totalement. Loin de là. J'ai encore beaucoup de boulot, et ce stage doit me servir à ça. Je commence à en prendre conscience. Il faut que je passe par dessus mes peurs, et ce n'est pas dans les livres que je trouverais la solution, mais en parlant avec d'autres.
Un autre sujet m'a beaucoup touché. La discussion sur la normalité. En effet, quelle est-elle? Ne dit-on pas en plus que chacun est le fou d'un autre ? Au fil de ma lecture, je me suis posée des questions sur la réelle nature du handicap. De part nos faiblesses, nous sommes tous en quelques sortes handicapés. Et pour ce faire, il faut l'apprivoiser, tout comme la souffrance qu'il peut engendrer : "en fuyant le handicap, on s'isole. il est là, il faut l'accueillir comme un cinquième membre, composer avec lui. Pour ce faire, la connaissance de ses faiblesses me semble primordiale" (p.53) "Rien ne sert de discourir, d'épiloguer des heures et des heures sur la souffrance. Il faut trouver des moyens  pour l'éliminer et, si on ne le peut pas, l'accepter, lui donner un sens." (p.57).
Pour pouvoir avancer, il faut accepter notre handicap et le transformer en force. Et peut-être qu'un jour, le bonheur apparaitra : "Nier le corps, loin de s'élever, c'est s'abaisser. Nier le spirituel, même résultat! Viser l'harmonie entre ces deux dimensions, savoir la gérer, là réside précisément le difficile apprentissage du métier d'homme; il faut toujours se dépasser, sans cesse aller au-delà de soi-même, s'engendrer, parfaire ce qui est déjà réalisé en soi. (...) Le bonheur, s'il existe, s'oppose ainsi diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle; il s'apparente à une plénitude désintéressée acquise dans un combat permanent" (p.59)
Ce cours récit m'a donc amené à me poser beaucoup de question : sur moi-même, sur mes faiblesses, sur ma notion de la normalité, ou encore sur la vie et la société en générale.
Pourquoi mettre de côtés des personnes qui peuvent nous apprendre beaucoup plus que nous ne le pouvons? Pourquoi croire qu'ils sont différents? Parce que leur handicap est visible?
J'ai vu également dans ce livre un appel à la tolérance, au changement dans le travail social et au respect de la différence. Je peux comprendre qu'il ne peut pas plaire à tout le monde, et qu'il peut-être difficile à lire. Mais pour les réfléxions qu'il amène, je ne peux que le conseiller.

Bon maintenant...comment faire des mes faiblesses des forces? Là on arrive sur une autre question philosophique où je n'ai pas la réponse...

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